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Combien facturer en freelance : méthodes de calcul et repères
En bref
Ton tarif freelance minimum se calcule : additionne le revenu que tu veux garder, tes charges professionnelles et tes cotisations sociales, puis divise par le nombre de jours que tu peux réellement facturer dans l’année. Les cotisations pèsent lourd : en France, un micro-entrepreneur en activité libérale non réglementée paie 25,6 % de son chiffre d’affaires[1] ; en Belgique, un indépendant à titre principal paie 20,50 % de ses revenus jusqu’à 75 024,54 € en 2026[2]. Ce tarif plancher se compare ensuite au marché et à la valeur que tu apportes au client.
- Formule de base : (revenu visé + charges + cotisations) / jours facturables = tarif journalier minimum.
- Une année ne compte pas 365 jours facturables : retire week-ends, jours fériés, congés, maladie, formation et temps commercial.
- France, micro-entreprise : 21,2 % (prestations BIC) à 25,6 % (libéral non réglementé) du chiffre d’affaires en cotisations.
- Belgique, 2026 : 20,50 % du revenu professionnel jusqu’à 75 024,54 €, avec un minimum de 890,42 € par trimestre.
- Le calcul donne un plancher ; le prix final dépend aussi du marché et de la valeur créée pour le client.
Comment calculer ton tarif journalier minimum ?
Ton tarif journalier minimum (TJM) est le chiffre d’affaires dont tu as besoin sur l’année, divisé par le nombre de jours que tu factureras vraiment. La formule tient en une ligne :
TJM minimum = (revenu net visé + charges professionnelles + cotisations sociales) / jours facturables
Chaque élément se calcule séparément :
- Revenu net visé : ce que tu veux te verser sur l’année, avant impôt sur le revenu. Pars de ton budget personnel réel, pas d’un salaire rêvé.
- Charges professionnelles : logiciels, matériel, assurance, comptable, téléphone, local ou coworking, déplacements, formation, site web.
- Cotisations sociales : elles dépendent de ton pays et de ton statut (taux détaillés dans les sections suivantes).
- Jours facturables : les jours où tu travailles pour un client qui paie, une fois retirés repos, congés et tâches non facturables.
C’est la même logique que le seuil de rentabilité d’une entreprise, qui se calcule en divisant les charges fixes par le taux de marge[4] : en dessous de ce tarif, ton activité ne couvre pas ce qu’elle te coûte. Ce chiffre est un plancher, pas forcément le prix à afficher.
Combien de jours peux-tu vraiment facturer par an ?
Tu factures nettement moins de jours qu’il n’y en a dans l’année : il faut retirer les week-ends, les jours fériés, tes congés, les jours de maladie ou de formation, puis le temps passé à prospecter et à gérer ton activité. En France métropolitaine, on compte 11 jours fériés en 2026[3] ; en Belgique, vérifie le calendrier des jours fériés de l’année.
Voici un calcul type, avec des hypothèses à remplacer par les tiennes (exemple) :
| Étape | Jours |
|---|---|
| Jours dans l’année | 365 |
| Week-ends (52 semaines × 2) | − 104 |
| Jours fériés (France métropolitaine, 2026) | − 11 |
| Congés (hypothèse : 5 semaines) | − 25 |
| Maladie et formation (hypothèse) | − 5 |
| Jours travaillés | 220 |
| Temps non facturable : prospection, devis, administratif, comptabilité (hypothèse : 25 %) | − 55 |
| Jours facturables | 165 |
Le temps non facturable est l’hypothèse la plus sous-estimée. Mesure-le pendant un mois : note chaque heure passée à répondre à des prospects, rédiger des propositions, relancer des factures ou te former. Au démarrage, quand tu cherches tes premiers clients, cette part est souvent plus élevée.
Combien de cotisations prévoir en France ?
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont un pourcentage fixe de ton chiffre d’affaires, qui dépend de ton activité. Selon la fiche de Service-Public vérifiée le 1er janvier 2026[1] :
| Activité du micro-entrepreneur | Cotisations sociales |
|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % du chiffre d’affaires |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % du chiffre d’affaires |
| Activités libérales non réglementées (BNC) | 25,6 % du chiffre d’affaires |
| Activités libérales relevant de la Cipav | 23,2 % du chiffre d’affaires |
Comme le taux s’applique au chiffre d’affaires, et pas au bénéfice, tes charges professionnelles ne réduisent pas tes cotisations en micro-entreprise. C’est pour cela qu’il faut les compter à part dans ton calcul. L’impôt sur le revenu s’ajoute ensuite, selon ton option fiscale et ta situation de foyer.
Si tu exerces en société ou au régime réel, les cotisations se calculent autrement : fais estimer leur montant par ton expert-comptable avant de fixer ton prix. Ces taux sont à jour au 16 octobre 2026 et peuvent évoluer d’une année à l’autre.
Combien de cotisations prévoir en Belgique ?
En Belgique, un indépendant à titre principal paie en 2026 des cotisations sociales de 20,50 % sur la partie de ses revenus professionnels jusqu’à 75 024,54 €, puis de 14,16 % entre 75 024,54 € et 110 562,42 €[2]. Ces cotisations sont calculées sur tes revenus professionnels, et non sur ton chiffre d’affaires[5].
| Indépendant à titre principal, 2026 | Montant |
|---|---|
| Taux jusqu’à 75 024,54 € de revenus | 20,50 % |
| Taux entre 75 024,54 € et 110 562,42 € | 14,16 % |
| Cotisation minimale par trimestre (règle générale) | 890,42 € |
| Cotisation minimale par trimestre (primostarter) | 459,82 € |
| Cotisation maximale par trimestre | 5 103,05 € |
Ces montants viennent du tableau officiel des cotisations sociales 2026 publié par le SPF Sécurité sociale et s’entendent hors frais de gestion de ta caisse d’assurances sociales[2]. Même avec un revenu faible, tu paies au moins la cotisation minimale : intègre-la dans ton calcul dès le premier trimestre.
Pour une estimation simple et prudente, compte environ un cinquième de ton revenu professionnel pour les cotisations. Ta caisse d’assurances sociales ou ton comptable te donnera le montant exact, qui dépend notamment de la base retenue et de ta situation (activité principale ou complémentaire, début d’activité).
À quoi ressemble le calcul complet sur un exemple ?
Sur un exemple fictif en France, un consultant en micro-entreprise libérale non réglementée qui veut garder 36 000 € par an doit viser un tarif minimum d’environ 340 € par jour facturé. Voici le détail (exemple) :
- Revenu visé : 36 000 € par an, avant impôt sur le revenu.
- Charges professionnelles : 6 000 € par an (logiciels, matériel, assurance, comptable, déplacements).
- Total à couvrir après cotisations : 42 000 €.
- Cotisations : 25,6 % du chiffre d’affaires[1], donc il reste 74,4 % du chiffre d’affaires. Chiffre d’affaires nécessaire : 42 000 / 0,744 ≈ 56 450 €.
- Jours facturables : 165 (calcul détaillé dans la section sur les jours facturables).
- TJM minimum : 56 450 / 165 ≈ 342 € hors taxes.
Si ce consultant ne facturait que 120 jours, le même revenu exigerait environ 470 € par jour. C’est pourquoi le nombre de jours facturables compte autant que le prix : un mois sans mission coûte cher.
En Belgique, la logique est identique, mais les cotisations se calculent sur le revenu professionnel et non sur le chiffre d’affaires[5]. Avec la même cible de 36 000 € et une estimation prudente d’un cinquième pour les cotisations au taux de 20,50 %[2], il faut viser environ 45 300 € de revenu professionnel (36 000 / 0,795), plus 6 000 € de charges, soit environ 51 300 € de chiffre d’affaires et 311 € par jour sur 165 jours (exemple simplifié, hors frais de gestion de la caisse et hors impôt).
Faut-il facturer au jour, au forfait ou à la valeur ?
Le mode de facturation dépend du type de mission : au temps quand le périmètre est incertain, au forfait quand il est bien défini, à la valeur quand ton impact sur le client est mesurable. Dans les trois cas, ton TJM minimum reste la base de contrôle.
| Mode | Quand l’utiliser | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Au jour ou à l’heure | Missions longues, régie, périmètre flou | Tes revenus plafonnent avec ton temps |
| Au forfait | Livrable clair : site, identité visuelle, audit, formation | Chiffre les jours, ajoute une marge de risque et liste ce qui n’est pas inclus |
| À la valeur | Résultat mesurable pour le client | Demande une bonne connaissance du client et de ses enjeux |
Pour un forfait, estime le nombre de jours, multiplie par ton TJM, puis ajoute une marge pour les allers-retours et les imprévus. Précise le nombre de séries de corrections incluses : c’est souvent là que le temps passé explose.
Proposer deux ou trois formules (essentielle, complète, premium) aide le client à choisir sans te demander une remise. La formule intermédiaire doit correspondre à ce que tu recommandes vraiment.
Comment vérifier que ton tarif tient face au marché ?
Compare ton tarif plancher avec les prix pratiqués pour des prestations comparables, puis ajuste selon ton expérience et ta spécialisation. Méfie-toi des moyennes de tarifs qui circulent sans source, sans date ni méthode : elles mélangent souvent des niveaux d’expérience et des marchés très différents.
Pour situer ton prix avec des données fiables :
- demande les fourchettes à des indépendants de ton métier, dans ta région, avec un niveau d’expérience proche ;
- regarde les budgets indiqués dans les appels d’offres publics et les demandes de devis que tu reçois ;
- note les réactions de tes prospects : si tous acceptent sans discuter, ton prix est probablement bas ; si tous refusent, regarde d’abord ta cible et la façon dont tu présentes ta valeur.
Si le marché paie moins que ton plancher, ne baisse pas ton prix en dessous : réduis tes charges, augmente tes jours facturables, change de cible ou spécialise-toi. Facturer en dessous de ton coût revient à financer tes clients. Ces informations sont générales et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel (avocat, comptable, guichet d’entreprise).
Le faire avec Yok-Kod
Une fois ton tarif calculé, Proposition Commerciale Studio le met en forme dans une proposition claire : prix ligne par ligne avec TVA (France, Belgique, franchise ou autoliquidation), deux ou trois formules au choix, liste de ce qui n’est pas inclus et « Bon pour accord ». Tu peux l’essayer gratuitement, sans compte. Le mode d’emploi détaille la construction du prix et des formules.
Questions fréquentes
Mon TJM est-il hors taxes ?
Oui : le calcul de cet article donne un montant hors TVA. Si tu es assujetti à la TVA, tu l’ajoutes sur ta facture et tu la reverses ensuite ; elle ne fait pas partie de ton revenu.
Combien de jours facture un freelance par an ?
Cela dépend de ton organisation. Avec 104 jours de week-end, 11 jours fériés en France métropolitaine en 2026[3], cinq semaines de congés et une part de temps commercial, un calcul type aboutit à environ 165 jours (exemple) ; mesure ta propre part de temps non facturable.
Les cotisations belges sont-elles calculées sur le chiffre d’affaires ?
Non. Elles sont calculées sur tes revenus professionnels : 20,50 % jusqu’à 75 024,54 € et 14,16 % de 75 024,54 € à 110 562,42 € en 2026[2][5], avec une cotisation minimale de 890,42 € par trimestre à titre principal.
Quel taux de cotisations pour un développeur ou un graphiste micro-entrepreneur ?
Cela dépend de la nature de l’activité déclarée : 21,2 % du chiffre d’affaires pour une prestation de services BIC, 25,6 % pour une activité libérale non réglementée[1]. Vérifie la catégorie indiquée lors de ton immatriculation.
Faut-il augmenter ses prix chaque année ?
Revois ton calcul au moins une fois par an : tes charges, tes cotisations et ton nombre de jours facturables changent. Vérifie à chaque fois les taux en vigueur : la fiche Service-Public sur les cotisations des micro-entrepreneurs en France[1] et le tableau des cotisations du SPF Sécurité sociale en Belgique[2].
Sources
Règles et chiffres vérifiés à ces sources ; les numéros entre crochets dans le texte y renvoient.
- Cotisations sociales d’un micro-entrepreneur : ce qu’il faut savoir
- Cotisations sociales 2026 (hors frais de gestion)
- Jours fériés et ponts dans le secteur privé
- Le seuil de rentabilité
- Cotisations sociales 2026 des indépendants : ce qui change, ce qui se confirme et ce qu’il faut anticiper
Une erreur, une règle qui a changé ? Signale-la, le guide sera corrigé et sa date de mise à jour changée.