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Pitch deck : les slides que les investisseurs attendent
En bref
Un pitch deck investisseur tient en une dizaine de slides qui répondent toujours aux mêmes questions : quel problème, quelle solution, pourquoi maintenant, quel marché, quel modèle économique, quelle concurrence, quelle équipe, quels chiffres et combien tu demandes[2][3]. La règle 10/20/30 de Guy Kawasaki : dix slides, vingt minutes maximum, pas de police sous trente points[3]. Pour un pitch de cinq minutes, Bpifrance Création conseille de ne pas dépasser sept slides[1].
- Une dizaine de slides : problème, solution, pourquoi maintenant, marché, modèle économique, concurrence, équipe, chiffres, demande, vision.
- Pitch de 5 minutes : 7 slides maximum ; pitch long (banque, levée) : 15 à 20 minutes.
- Le deck illustre ton discours : il ne remplace pas ce que tu dis.
- Les investisseurs regardent le potentiel de rentabilité, la capacité à grandir et le retour sur investissement.
- Termine par une demande précise : montant, usage des fonds, étapes atteintes avec cet argent.
Quelles slides un investisseur attend-il ?
Un investisseur attend une dizaine de slides qui couvrent le problème, la solution, le marché, le modèle économique, la concurrence, l’équipe, les chiffres et ta demande. Deux trames de référence publiées par des investisseurs se recoupent largement : celle du fonds Sequoia[2] et celle de l’investisseur Guy Kawasaki[3].
| Trame Sequoia (10 sections) | Trame Kawasaki (10 slides) |
|---|---|
| Raison d’être de l’entreprise | Problème |
| Problème | Ta solution |
| Solution | Modèle économique |
| Pourquoi maintenant ? | Technologie ou « magie » sous-jacente |
| Potentiel de marché | Marketing et ventes |
| Concurrence et alternatives | Concurrence |
| Modèle économique | Équipe |
| Équipe | Projections et étapes clés |
| Finances | État d’avancement et calendrier |
| Vision | Résumé et appel à l’action |
En combinant les deux, tu obtiens une trame de 10 à 12 slides : titre et phrase de mission, problème, solution, pourquoi maintenant, marché, modèle économique, traction, concurrence, stratégie commerciale, équipe, chiffres et étapes, demande. Garde cet ordre logique : on comprend le problème avant la solution, et la solution avant le prix.
Combien de slides et combien de temps pour un pitch ?
Le nombre de slides dépend du temps dont tu disposes : pour un pitch de cinq minutes, Bpifrance Création conseille de ne pas dépasser sept slides[1]. Bpifrance Création distingue trois formats[1] :
| Format | Durée | Contexte type |
|---|---|---|
| Pitch court | Environ 5 minutes | Concours, pitch éclair |
| Pitch intermédiaire | 7 à 12 minutes | Comité de sélection d’incubateur ou d’accélérateur |
| Pitch long | 15 à 20 minutes | Comité de prêt d’honneur, rendez-vous bancaire, levée de fonds |
Guy Kawasaki résume la même idée avec sa règle 10/20/30 : une présentation devrait compter dix slides, durer au maximum vingt minutes et ne contenir aucune police plus petite que trente points[3]. La contrainte de taille de police oblige à n’écrire que l’essentiel.
Prépare donc deux versions : un deck court pour présenter, et un deck plus détaillé, lisible sans toi, à envoyer avant ou après le rendez-vous.
Que mettre sur les slides problème, solution et marché ?
Les trois premières slides de fond doivent montrer une douleur réelle, ta réponse à cette douleur et la taille de l’opportunité. Sequoia résume chacune en une consigne : décrire « la douleur de ton client », expliquer ton « moment eurêka », identifier ton client et ton marché[2].
Problème
Décris qui souffre du problème, comment il le gère aujourd’hui et ce que cela lui coûte (temps, argent, risque). Un exemple concret vaut mieux qu’une généralité.
Solution
Montre ce que fait ton produit ou service, en une phrase, puis une capture, un schéma ou une démonstration. Explique ce qui le rend différent des alternatives existantes.
Pourquoi maintenant ?
Sequoia note que les meilleures entreprises ont presque toujours une réponse claire à cette question[2] : un changement de réglementation, de technologie ou d’usage qui rend ta solution possible ou urgente aujourd’hui.
Marché
Présente ton client cible et la taille du marché que tu peux réellement atteindre, avec la méthode de calcul : nombre de clients potentiels × prix × fréquence d’achat. Cite tes sources de données sur la slide ou en annexe.
Que mettre sur les slides modèle économique, concurrence et équipe ?
Ces slides doivent prouver que tu sais gagner de l’argent, face à qui, et que ton équipe peut exécuter. Sequoia demande comment tu comptes prospérer, qui sont tes concurrents directs et indirects, et de raconter l’histoire des fondateurs et des personnes clés[2].
- Modèle économique : qui paie, combien, à quelle fréquence, avec quelle marge. Ajoute le coût d’acquisition d’un client si tu le connais.
- Traction : clients, chiffre d’affaires, précommandes, partenariats, croissance mensuelle. Mieux vaut un petit chiffre réel qu’une grande promesse.
- Concurrence : un tableau ou une matrice à deux axes, avec les alternatives indirectes (tableur, prestataire, ne rien faire). Ne prétends jamais ne pas avoir de concurrents.
- Équipe : pour chaque fondateur, le rôle et l’expérience qui prouve qu’il peut réussir sur ce projet ; mentionne les compétences qui manquent et comment tu les combleras.
Pour cette partie, pense à ce que cherchent les investisseurs : selon Bpifrance Création, ils se concentrent sur le potentiel de rentabilité, la capacité à grandir et le retour sur investissement[4].
Comment présenter tes chiffres et ta demande ?
Présente tes chiffres sur une seule slide lisible et termine par une demande précise : combien, pour quoi faire et pour atteindre quelles étapes. Kawasaki recommande une slide « projections et étapes clés » et une dernière slide « résumé et appel à l’action »[3].
- Chiffres : chiffre d’affaires, marge et résultat sur trois ans, plus les hypothèses principales (nombre de clients, prix moyen). Le détail va en annexe ou dans ton prévisionnel.
- Usage des fonds : la répartition du montant demandé (recrutement, produit, marketing, besoin en fonds de roulement).
- Étapes : ce que cet argent permettra d’atteindre et quand (lancement, premiers clients, seuil de rentabilité).
- Vision : ce que tu auras construit dans cinq ans si tout se passe bien, comme le demande la trame Sequoia[2].
Par exemple (exemple fictif) : « Nous cherchons 300 000 € sur 18 mois : 50 % pour deux recrutements, 30 % pour le marketing, 20 % de réserve de trésorerie. Objectif : 400 clients payants et le seuil de rentabilité au mois 16. » Une demande chiffrée facilite la décision, même quand la réponse est négative.
Comment adapter ton deck à la banque, à un concours ou à un incubateur ?
Adapte la longueur et l’accent au contexte : un concours exige un pitch court, un comité d’incubateur un format intermédiaire, une banque ou une levée de fonds un format long[1].
- Concours ou pitch éclair : environ cinq minutes, sept slides au plus[1]. Problème, solution, marché, traction, équipe, demande.
- Incubateur ou accélérateur : 7 à 12 minutes[1]. Insiste sur l’équipe, l’avancement et ce que l’accompagnement t’apportera.
- Banque ou prêt d’honneur : 15 à 20 minutes[1]. Mets en avant la capacité de remboursement : selon Bpifrance Création, les banques regardent la solidité financière, la capacité de remboursement et la gestion des risques[4].
- Levée de fonds : 15 à 20 minutes[1]. Mets en avant la taille du marché, la croissance et le potentiel de retour sur investissement[4].
Que mettre sur la première slide et sur la slide traction ?
La première slide doit dire en une phrase ce que fait ton entreprise ; la slide traction doit prouver que des clients en veulent déjà. Sequoia demande de commencer par définir l’entreprise « en une seule phrase déclarative »[2] : pas de slogan vague, mais une phrase du type « Nous aidons [client] à [résultat] grâce à [solution] ».
Sur cette slide de titre, ajoute ton logo, ton nom, ton rôle et un moyen de te contacter. Si quelqu’un retrouve le deck dans sa boîte mail trois semaines plus tard, il doit savoir immédiatement de quoi il s’agit et qui appeler.
La slide traction n’apparaît pas comme telle dans les deux trames de référence, mais Kawasaki prévoit une slide « état d’avancement et calendrier »[3], qui joue ce rôle. Mets-y ce que tu as déjà prouvé : nombre de clients, chiffre d’affaires mensuel, taux de réachat, lettres d’intention, liste d’attente, partenaires signés. Un graphique simple qui monte, avec les dates sur l’axe horizontal, parle plus qu’un paragraphe. Si tu n’as encore aucun client, montre les tests réalisés : entretiens avec des clients potentiels, prototype, précommandes. Pour un investisseur, une preuve modeste mais réelle pèse plus qu’une projection ambitieuse.
Quelles erreurs éviter dans un pitch deck ?
L’erreur la plus courante est de lire ses slides : Bpifrance Création rappelle que le deck sert à illustrer ton discours, pas à réciter ta présentation[1]. Une slide doit rester lisible, précise, claire et épurée[1].
- Trop de texte : une idée par slide, un titre qui dit la conclusion (par exemple « Les cabinets perdent 6 heures par semaine » (exemple), plutôt que « Le problème »).
- Police trop petite : la règle des trente points de Kawasaki est un bon garde-fou[3].
- Chiffres non sourcés : chaque taille de marché ou statistique doit pouvoir être justifiée.
- Pas de demande claire : l’investisseur doit savoir ce que tu attends de lui.
- Un seul deck pour tout : un deck à présenter et un deck à envoyer n’ont pas la même densité.
Bpifrance Création suggère aussi de varier les supports (photos, infographies, courte vidéo) pour garder l’attention, tout en gardant des chiffres et des points écrits courts[1].
Le faire avec Yok-Kod
Pitch Deck Studio construit ton deck slide par slide à partir d’un formulaire ou d’une description rapide, avec plusieurs structures éprouvées (levée de fonds, freelance, agence, projet interne), des notes du présentateur et des exports PDF et PowerPoint. Tu peux l’essayer gratuitement, sans compte. Le mode d’emploi t’aide à choisir la structure adaptée à ta situation.
Questions fréquentes
Combien de slides doit faire un pitch deck ?
Une dizaine pour un pitch investisseur, selon la règle 10/20/30 de Guy Kawasaki[3]. Pour un pitch de cinq minutes, Bpifrance Création conseille de ne pas dépasser sept slides[1].
Faut-il mettre un prévisionnel complet dans le pitch deck ?
Non. Une slide de chiffres clés sur trois ans avec les hypothèses principales suffit ; le détail se garde pour le business plan ou le prévisionnel, que tu envoies sur demande.
Quel ordre donner aux slides ?
Commence par le problème, puis la solution, le marché, le modèle économique, la concurrence, l’équipe, les chiffres et la demande. C’est l’ordre commun aux trames de Sequoia et de Guy Kawasaki[2][3].
Un pitch deck pour une banque est-il différent ?
Oui dans l’accent : la banque regarde surtout la solidité financière et la capacité de remboursement, alors que l’investisseur regarde le potentiel de rentabilité et la capacité à grandir[4]. Le format long, de 15 à 20 minutes, convient aux rendez-vous bancaires[1].
Faut-il envoyer le deck avant le rendez-vous ?
Souvent, oui, mais envoie une version plus détaillée, lisible sans toi. La version présentée doit rester visuelle, car elle sert à illustrer ton discours[1].
Sources
Règles et chiffres vérifiés à ces sources ; les numéros entre crochets dans le texte y renvoient.
- Faire son pitch deck
- Writing a Business Plan
- The 10/20/30 Rule of PowerPoint
- Faire son business plan
Une erreur, une règle qui a changé ? Signale-la, le guide sera corrigé et sa date de mise à jour changée.